31 mai 2006

Horoscope.....

" Ressourcez-vous loin du monde, loin de la ville et de ses tourments. Allez vous aérer. Prenez quelques jours de repos."

Non, je ne lis jamais mon horoscope. Enfin presque. Aujourd'hui j'ai craqué. Mais bon j'avais des circonstances atténuantes. J'etais en cours, le genre de cours où je lutte pour essayer de suivre, souvent en vain. Alors du coup, je lis ce qui me tombe sous la main, et là c'etait la page mots croisés/ sudoku/ horoscope d'un journal gratuit qu'on distribue dans le métro.
 Ils sont sympa avec leur horoscope! C'est clair que que je ne rêve que de repos, et de me ressourcer. Partir loin du monde.... Impossible, ouaaalouu, c'est pas possible! Et dire que ce sera comme ça jusqu'en septembre. Pas de vacances d'été cette année. La vie est dure.
Hmmm, un petit aller simple lyon casa, le soleil ( ici il fait encore 7° le matin!) , la plage, faire un tour au marché central, papoter pendant des heures avec ma soeur, aller à Oualidia pour le week end... ou zid ou zid.... je ne rêve que de ça.

 

 

 

 

 

26 mai 2006

Casablanca, la mer et moi

Je suis allée au bord de la mer après le déjeuner, vers 13h30, à l 'heure de la sacro sainte sieste.
Les rues étaient désertes, le soleil au rendez-vous.
J'ai décidé de prendre l'avenue qui longe la mer, allant de la mosquée Hassan II à Sidi Abderhman.
J'ai enlevé mes lunettes de soleil, baissé les vitres de la voiture pour m'enivrer d'iode et de vent.
La mer était belle aujourd'hui, d'un bleu profond que venait border l'écume blanche des vagues.
Je me suis arrêtée en face du marabout de Sidi Abderhman et me suis assise sur la rambarde, contemplative.
Une immense émotion m'a alors envahie, les larmes me sont montées aux yeux. Je ne les ai pas retenues, je les ai laissé glisser le long de mes joues et rouler jusqu'à mon cou, salvatrices et purificatrices.
Pèle mêle mes pensées étaient tristes et heureuses.
Heureuse de vivre, d'être là à contempler la beauté de l'océan, quel miracle!
Heureuse de penser à Lui, c'était tellement intense qu'en fermant les yeux, je pouvais presque sentir sa présence près de moi, et sentir son émotion semblable à la mienne.
Triste et mélancolique aussi.
Triste lorsque je pense à ma mère et que je la vois dans cet état, s'abrutir de neuroleptiques, et que  j'assiste impuissante à son voyage dans les brumes médicamenteuses.
Mélancoliques quand je me rends compte que j aime mon pays, qu'il me touche et m'émeut alors que je suis loin de lui. Un peu déracinée, ni complètement la-bas, ni vraiment ici.
Peut-etre faudrait-il que je me décide enfin à prendre une décision, à faire un choix......


Assez! Assez de ce remue-meninges!
Alors je suis descendu de ma rambarde, marché sur la sable, me suis approchée de l'eau et assise sur un rocher.
Quelle explosion des sens!
Je me suis demandé s'Il aurait compris ce que je ressentais, est ce qu'Il aurait été sensible à ce qui m'entourais.
Le grondement continuel et apaisant des vagues, le vent qui fouette, plein de sel et d'iode, le soleil d'hiver qui chauffe doucement. Et l'odeur, l'odeur de cette mer, salée, mêlée à celle des algues, et celle un peu croupie de l'eau stagnant entre les rochers.....

Coup de coeur Karima Skalli

Un coup de coeur, et quel coup de coeur!!!
Une voix sublime, en or, qui nous remue jusqu au plus profond de nous meme et nous donne la chair de poule.
Une voix qui ne s'oublie pas si facilement et qui, une fois qu'on l 'a entendue, nous obsede et l'on n'a de cesse de la ré écouter, comme pour nous assurer de sa beauté et de l'émoi qu'elle fait naitre en nous.



Le site de Karima Skalli http://www.skallikarima.com

Histoire à se faire lire les yeux fermés

Le désert

Imagine un peu,
du sable balayé par le vent,
pas de traces de pas,
juste quelques vaguelettes sablées,
rien que pour toi.

Pouvoir te dire
que tu es le premier
à poser ton pied sur
ce sable nouveau-né,
prêt à accueillir ton empreinte.

Ecoute.....
Mais si, écoute bien....
Dépasse le silence,
écoute le vent, il joue une petite mélodie,
entre les dunes; c'est joli, n'est ce pas?

Et puis,
un paysage infini,
une multitude qui se multiplie,
des dunes aussi différentes que semblables,
une palette d'ocres, de jaunes, d'orangés et de rouges.

Chut!
Baisse-toi, ne bouge plus,
tu entends? C'est le sable.
Qui aurait pu penser que le sable murmurait,
que chaque grain chuchotait à l'autre,
un secret millénaire!
Personne n'a jamais su ce que c'est.

Tiens, il fait déjà nuit!
Non, ne pars pas, ce n'est pas fini.
C'est vrai, il fait un peu frais,
mais nous n'en avons plus pour longtemps,
les dunes n'auront pas le temps de refroidir.

Allonge-toi,
le sable est encore tiede,
lève les yeux, regarde le ciel,
petit à petit il se transforme,
il devient maintenant un écrin de velours,
qui appelle à lui une à une toutes les étoiles.
Regarde comme elles scintillent!

La lune est là,
comme chaque nuit, elle se prépare,
elle a un long chemin à parcourir
jusqu'au matin,
heureusement ses amies les étoiles
lui tiendront compagnie.

Oooh,
Elle nous salue,
c'est donc qu'il est pour nous
le moment de partir,
sur la pointe des pieds,
tout doucemement.....

Rêverie

Casablanca, le 30 janvier 2006

13h et des poussieres, je viens de me connecter et je regarde sur msn ... est-il là?
Oui, et il a même enlevé l'url de son site sur la turquie pour le remplacer par une phrase qui me laisse songeuse :
" Qu'est ce qu'on attend pour etre heureux..."
Mon dieu, pourquoi cette phrase?
Ferait-elle suite à notre conversation d'hier? Conversation qui me trouble.
Je ne sais que penser. Qu'est ce que ce trouble, ce tres leger émoi que je sens en moi? ( Eh oui parfois je fais des rimes :)), émoi qui je le préssens ne demande qu'à s'installer.
Cette nuit, c'était un peu la tempête à Casablanca, j'entendais
le vent souffler, les arbres gémir et la pluie crépiter en rafales.
Et de mon lit, j'essayais de retrouver mentalement les mots qu'il m'avait ecrit, je revoyais son visage que je connais depuis si longtemps et pourtant sans vraiment le connaitre...
Hier, je me suis surprise, malgré l'image pixelisée de la web cam, à le regarder differement, à essayer de retenir les traits de son visage, sa bouche, ses yeux, sa legere barbe.....

Stoooooop, qu'est ce que tu nous fais là mamzelle?????????

Correspondance imaginaire

Cher Erwan,

Envie de vous parler de moi, une fois de plus.
Envie de vous dire,
Ce bonheur, cette joie, cet amour, cette souffrance, cette envie de mourir parfois...
Ce que certains qualifient de sautes d'humeur, de caractere de "girouette", et qui n'est que moi.
Je ne peux etre pleinement moi-meme que dans les extrêmes.
Je ne suis qu'à l'extreme.

Heureuse de vivre, d'hurler mon bonheur d'être là, quand tout va.
Ma joie quasie enfantine à la vue d'un écuueuil peu farouche.
Mon emerveillement naif au passage d'un pont sur le Rhône, la beauté de la ville que le bleu du ciel transforme en un véritable tableau impressionniste.
L'intense bouffée d'amour qui m'envahit lorsque je pense à une personne aimée, l'impression que je vais m'envoler, portée par cette force d'aimer.

Mais aussi,
Envie de mourir, de ne plus être là, de dire stop, d'en finir avec cette angoisse qui telle des tenailles m'enserre la poitrine.
Mon coeur qui se réduit comme une peau de chagrin et dont les battements deviennent des coups de semonce. Coups de semonce de cette vie qui alors me fait tellement souffrir.

Lila,
Le rose et le bleu
(toute une oeuvre d'artiste...)

Le bleu des ecchymose, autant de bleu que de coups .
Le bleu de la nuit, sombre et profond, beau et tellement triste à la fois.

Le rose des fleurs, les beaux jours, le rose aux joues,
Le rose de vie...

Toujours votre,
Lila

Il y a 3 ans déjà...

J'ai retrouvé un poème ecrit il y a 3 ans exactement.
J'étais en pleine rupture, je lui en voulais, à lui, de partir voir les femmes....
Avec le recul, je peux dire que nous avons vécu une belle histoire, mais qu'elle était vouée à l'echec. Trop de différences meme si beaucoup d'amour et de tendresse.
Aujourd'hui, il est mon meilleur ami, mon frère, et nous nous racontons nos peines de coeur....

Va! Terrible voyageur! Va!
Chemine ton chemin
Celui de la liberté
Celui de la séduction et du sexe.
Ô! Pèlerin va où tes joies te mènent
A chaque étape une conquête
Tel le marin et ses femmes dans chaque port.
Mais sais-tu seulement où te mènera
Ce chemin de croix?

Je n'attends pas ton retour.
Je ne suis pas Hélène et tu aurais fait
Un bien piètre Ulysse.....


Tu ne peux pas résister au chant des sirènes.

Un petit rien

27 avril 2004

Un petit moment de douceur irréel, au milieu de la rue de la République, entre deux chausseurs franchisés et une sandwicherie malodorante.
Deux jeunes hommes à l'allure bohême, armés de violons, jouent du Vivaldi à l'ombre des arbres. Pour tous spectateurs, quelques pigeons....
Enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Les cigarettes de mimia

D'abord, Mimia, c'est ma grand-mère, beaucoup de tendresses, de caresses, de gratouilles et de chatouilles ( siir allah ya naâl...).

Je suis l'ainée de ses 21 petits enfants et j'en suis fière.
J'ai toujours cru qu'elle était rousse, jusqu'au jour où je l'ai vu se mettre du henné sur les cheveux ..... La fin d'un mythe.

Hmmm, les bon petits plats de Mimia ...

Et puis le rite, en cachette bien sûr, de la cigarette à la fin du repas.
En cachette de mon grand-père, de ses enfants, de ses gendre, de n'importe qui.
Alors, que nous savons tous pertinemment qu'elle fume, c'est même mon grand-père qui lui achete ses cigarettes quelques fois...
Les odeurs de pain grillé jusqu'à cramer, zâema, pour que l'odeur de brulé masque l'odeur de ses Winston, Marquises, et autres Marlboro.
Les bonbons à l'orange, au citron qu'elle nous demande pour masquer son haleine nicotineuse.
Je souris en repensant à toute cette pudeur, cette mise en scene naîve, cette manière qu'elle a, l'air de rien de nous prendre pour des idiots.

Pour info, un fumeur qui consomme un paquet de cigarettes par jour a une oxygenation équivalente à celle d'un non-fumeur qui vivrait à 2500 m d'altitude. De plus, il inhale 250 mg de goudron par an, soit 2 pots de yaourt qui recouvrent les poumons d'une substance gluante noire. Berk...

Un livre que j'ai aimé

  Portée par le plaisir et l'émotion éprouvés à la lecture des livres de Philippe Claudel, je n'ai pas hésité un instant à acheter son dernier roman, La petite fille de Monsieur Linh.
Monsieur, Linh, vieil homme fatigué, quitte son pays de rizieres pour une destination froide et inconnue en compagnie de sa petite fille, seule rescapée avec lui de la guerre qu'ils laissent derriere eux.
Philippe Claudel, à travers ce conte allégorique, évoque avec une justesse qui me bouleverse les thèmes de l'éxil, de la solitude mais aussi ceux de l'amitié et de la compassion.
Il décrit avec pudeur les blessures et la mélancolie de l'exil et du deracinement, il montre l'espoir que peut representer une amitié - malgré la barriere de la langue - entre deux etres qui souffrent.
Si vous etes lecteurs assidus de P. Claudel, vous serez une fois de plus ravis par la beauté sobre de l'écriture, la justesse des descriptions, cela, malgré un texte un peu court.
Vous serez bouleversés, touchés, émus

Place Bellecour, un 2 décembre

Un ciel gris, lourd, chargé de promesses de pluie.
La grande roue qui se dresse majestueuses et insolente devant le clocher hieratique de la Charité.
Des feuilles mortes, stigmates d'un automne tardif, parsemment le sol d'un camaieu d'ocres et de vert.

10 octobre 2005, coup de gueule


Les titres des quotidiens ce matin sont fait de ces titres que l'on a l'habitude de lire maintenant sans presque ciller : attentats en Irak, Palestiens tués par des soldats Israeliens, tremblement de terre au Pakistan avec des dizaines de milliers de morts, nomination d'Angela Merkel à la chancellerie allemande, drame de l'immigration subsaharienne, elections en Pologne et j 'en passe.
Une information me touche, relayée par des images télévisuelles qui me remuent, celle de tous ces maliens, senegalais, congolais et autres subsahariens relegués aux rang de "clandestins" qui veulent passer de force la frontiere vers l'Europe, Eldorado moderne, et se jettent par desespoir sur des barbelés acérés. Personnes que l on parque comme des bêtes dans des bus, et que l 'on abandonne en plein milieu du desert sans soins, sans nourriture, sans eau.
J 'ai honte, j ai honte d'etre marocaine, d'etre assimilée à ce pays qui ne fait pas preuve d'humanité.
Je suis lucide et je sais très bien que le Maroc ne fait que subir sa situation géographique aux portes de l'Europe..... mais quand meme.....
J'ai honte, d'etre là, et de ne pouvoir rien faire pour eux, d'assister impuissante à toute cette misere.
Et je me rends compte un plus de mon statut de priviligiée...


Création

J'avais commencé la rédaction d'un blog il y a quelques mois sans aucune assiduité.
Je reprends sur celui-ci les quelques notes que j'avais rédigées, et je continue sur ma lancée...
Aujourd'hui, décision est prise de créer un blog.
Pourquoi aujourd'hui? Pourquoi un blog? Pourquoi ce titre?
3 Octobre 2005, anniversaire de Habibo, enieme report d'un certain procès à Casablanca...
Lundi banal, pas travaillé, temps gris, pas grand chose à faire, une journée somme toute propice à tourner en rond, propice à la reflexion, à  l 'introspection, et pourquoi pas à la création d'un blog?
Peut-etre que cette création pourra comme dans la chanson " prendre ma douleur".
Et plus optimiste que Camille, prendre aussi simples reflexions, joies et bonheurs ... Qui sait?
En tout cas je compte bien quelle que soit la cause, livrer mes états d'âme, mes pensées et autres méandres de mon esprit, d'où le titre.